L’AVIRON BRILLE, PUIS S’ÉTEINT
Les Bayonnais n’avaient plus rien à jouer, dans ce match. Sauf faire preuve devant leur public d’un sursaut d’orgueil. Ce sursaut, ils l’ont eu, ils ont brillé, ils ont fait douter les Bordelais, jusqu’à la 60e minute, où l’incontournable, ineffable, incroyable, attendu, redouté, efficace, acclamé Louis Bielle-Biarey a marqué l’essai de l’espoir pour les Girondins, qui, eux, avaient une qualification en ligne de mire. Dès lors, privés de ballon, épuisés, et peut-être avec un peu moins d’envie, les Bayonnais ne sont pas parvenus à endiguer les multiples et dangereux assauts adverses, jusqu’à laisser échapper la victoire promise peu avant, à 4 minutes de la fin.

Aviron Bayonnais 38
Union Bordeaux Bègles 40
Date : Samedi 9 mai2026 – 16h35
Lieu : Bayonne (Stade Jean Dauger)
Public : 14 600
Mi-temps : 26-19
Arbitres : Arbitre central Ludovic Cayre, avec aux ailes Jérémy Rozier et Sylvain Brayelle. Akim Hadj-Bachir officiait à la vidéo.
Aviron Bayonnais : 6 essais d’Erbinartegaray (6e, 26e), Bruni (11e, 55e), Maqala (36e), Jantjies (52e), 4 transformations (11e, 26e, 36e, 55e) de Segonds.
L’équipe : Orabé (Mori, 65e) – Erbinartegaray (Spring, 49e), Maqala, Mori (Tuilagi, 41e), Carreras – (o) Segonds, (m) Jantjies (Germain, 65e) –Capilla (cap) (Ariceta, 67e), Bruni, Fischer – Moon (Paulos, 68e), Johnson –Tagi (Setiano, 46e), Martin (Bosch, 46e), Bordelai (Cormenier, 46e)
Union Bordeaux Bègles : 4 essais d’Uberti (8e), Bielle-Biarrey (60e), Woki (64e), Swinton (76e), 1 transformation (8e), 4 pénalités (20e, 30e, 35e, 39e) de Reus, 3 transformations (60e, 64e, 76e) de Lucu.
L’équipe : Buros Retière, 55e) – Rayasi, Uberti (Mousquès, 64e), Moefana, Mousquès (Bielle-Biarrey, 47e) – (o) Reus (Jalibert, 47e), (m) Lucu – Woki, Vergnes, Bochaton (Gazzotti, 47e) – Cazeaux (Swinton, 55e), Palu – Tameifuna (Falatea, 47e), Lamothe (Barlot, 55e), Perchaud (Boniface, 55e)
Évolution du score : 5-0, 5-7, 12-7, 12-10, 19-10, 19-13, 19-16, 26-16, 26-19 ; 31-19, 38-19, 38-26, 38-33, 38-40
Le Bayonne d’avant match d’après-midi, sous le soleil, est un spectacle dont on ne peut se lasser. Les rues, ponts, terrasses sont bondées et bruissantes, voire souvent bruyantes, colorées de ciel et blanc et de bordeaux.

Les joueurs Bayonnais sont acclamés à leur arrivée au stade, leurs récents déboires rugbystiques ne refroidissant en rien leur public enthousiaste.
Ambiance poussive.
Par contre, encore une fois, le cortège du BOC est clairsemé et son arrivée bien timide. On est loin de l’exaltation communicative habituelle de la Peña de la rue des Visitandines. Et dans le stade, cette ambiance poussive s’est généralisée dans le public Bayonnais, alors que, dans les 20 dernières minutes, un surcroit d’encouragements aurait été le bienvenu, et peut-être décisif…

Il faut noter les trois échecs de Joris Segonds, 2 transformations et une pénalité (79e). Quand on connait l’étroitesse du score (38-40), on ne peut que les déplorer, même si ce n’est en rien un reproche à un joueur si performant, qui a bien souvent été décisif dans la victoire des siens.

Tout commence bien l’Aviron. Après un ruck provoqué par Capilla, Jantjies écarte, Segonds relaie, et Erbinartegaray conclut en se jouant de deux défenseurs (5-0 ; 6e).
Mais les Bordelais répondent aussitôt par Uberti, après la récupération par Lamothe d’un ballon égaré par les Bayonnais (5-7 ; 8e).
Trois superbes essais.
Les Ciel et Blanc enchaînent alors trois superbes essais. Par Bruni, après une percée de Carreras (11e), par Erbinartegaray qui signe un doublé après avoir débordé la défense adverse (26e), et par Maqala, qui réceptionne acrobatiquement un coup de pied judicieux de Jantjies (36e).
L’UBB réplique avec quatre pénalités de Reus, et l’Aviron mène 26-19 à la mi-temps.
Inespéré !

Deux fois de plus.
Le premier quart d’heure du retour de pause est encore à l’avantage des Bayonnais qui franchissent la ligne deux fois de plus.
À 45 mètres, Segonds tape à suivre, Lucu ne parvient pas à se saisir du ballon (il lui arrive quand même de commettre des erreurs !), Tuilagi récupère, et offre un essai à Jantjies (31-19 ; 52e).
Après une pénaltouche à 5 mètres, les Bayonnais mènent un maul ravageur, conclu par Bruni, pour son deuxième de l’après-midi (38-19 ; 55e).
Non mais… on ne va quand même pas mettre une branlée à l’UBB ? se pince le public Bayonnais.
Et non, car Matthieu Jalibert et Louis Bielle-Biarrey surgissent !

Après une très longue séquence sur la ligne de l’Aviron, Jalibert transmet à Bielle-Biarrey qui marque sans opposition, laissant plusieurs Bayonnais, épuisés, au sol (38-26 ; 60e).
4 minutes plus tard, c’est au tour de Woki de marquer, après une passe de… Jalibert (38-33 ; 64e).
Enfin, Swinton enfonce le clou à 4 minutes de la sirène suite à un maul après pénaltouche, sans intervention ni de Jalibert, ni de Bielle-Biarrey (38-40 ; 76e).
Segonds tente une pénalité de 60 mètres juste avant la fin, mais celle-ci passe à gauche des poteaux, renvoyant l’UBB en position de barragiste.
JJA



